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Voyage en Hunedoara et Caras-Severin – Roumanie

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Je vous présente ci-dessous l’histoire de notre voyage en Hunedoara, une région touristique pour son magnifique château. Néanmoins, de nombreux monuments historiques s’y cachent et restent inconnus du grand public. C’est une région beaucoup plus riche qu’elle n’y parait et je l’ouvre à vous aujourd’hui. 🙂

 

 

Nous passons sur la route E70 après Drobeta, faisant la course côte à côte avec le Danube, mais ne pouvons gagner tant la splendeur du paysage nous captive, nous faisant oublier la route et la voiture.. Je ne pensais pas pouvoir trouver si particulier paysage en Europe.

 

 

Le Danube nous dévoile sa longueur infinie et son corps large, il est encerclé de collines, petites montagnes laissant par endroit ressortir la pierre et le roc. Recouvrant tout cela, des forêts et petits arbustes, semblant se laisser glisser jusqu’à l’eau pour s’y baigner les pieds.

 

 

Nous arrivons à Eşelniţa qui semble avoir été élue ville la mieux placée au bord du Danube pour avoir une vue de son balcon, de sa terrasse ou de son bain de soleil. Donc beaucoup de pensions et hôtels qui se suivent. Nous nous arrêtons à « Pensiunea Danubia«  qui mérite bien les critiques positives qui lui sont faites.

 

 

Trois étoiles, cette pension offre la possibilité de manger, se baigner et pêcher tout ceci face au Danube. Etant récemment établie, la pension offre des chambres très mignonnes avec une décoration jolie et simple, et le confort est présent. La nourriture est bonne, nous avons essayé le som et le crap, des poissons qui sont pêchés ici même, frais et cuits au feu de bois dont on peut sentir le doux parfum de là où nous sommes attablés, mettant nos papilles en exile.

 

 

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La nuit fut douce, accompagnée du tintamarre des grenouilles qui peut déranger certains, mais bon, c’est le Danube!!

 

 

Le soir, nous partons vers 20h pour continuer de suivre le Danube, tellement intrigués par son origine ou son devenir. En direction d’Orşova, puis de Şviniţa, que nous n‘atteignions pas, nous croisons des vues dont les couleurs du couché de soleil rendent magnifiques. Plusieurs chemins sont empruntables à pieds pour y découvrir de plus près les forêts et les hauteurs qui bordent notre fleuve. On nous dit qu’il est possible d’y poser sa tente. Avant Şviniţa, nous nous arrêtons à « Cetatea Tricure« , les vestiges de tourelles de petites tailles qui émergent de l’eau. Elles ont été inondées et sont maintenant inaccessibles.

 

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Le jeudi matin, nous arrivons à un pont à 7h où pose la tête du géant Décébale, roi du clan des Daces, les fondateurs de la Roumanie ancienne.

 

 

Cette tête gravée dans la pierre impose le respect tant par sa taille que par son histoire, rêve fou de l’ancien plus grand milliardaire roumain. Au pont, nous prenons un tour en barque d’une heure et demie avec Flavius, guide sympathique charmé par sa région dont il semble avoir compris la beauté à travers l’histoire que lui et le Danube ont eu. Passant jusqu’aux eaux territoriales Serbes, nous pouvons voir d’un autre angle les églises, mais aussi des grottes accessibles seulement par bateaux.

 

 

Nous rentrons dans l’une d’elle par laquelle nous pouvons rejoindre l’autre extrémité qui traverse la montagne, ceci seulement à pied. Flavius nous montre son expérience à zigzaguer entre les cailloux, avec seulement moins d’un mètre de profondeur. Enfin, nous débarquons sur un ponton où il est possible, avec un guide, d’accéder à une grotte qui a servi de cachette dans le passé, on y a même retrouvé de l’or.

 

 

Rentrés à l’hôtel, nous prenons un petit-déjeuner sur buffet appréciable car complet et de qualité, cela nous donne de l’énergie pour la route qui nous attend. Continuant plus loin sur la route du Danube, la roche me surprend par ses changements de formes et de couleurs, devenant des lignes telluriques distordues et rouges. Nous tombons sur un énorme éboulis, imaginez des rochers trois fois plus gros que le véhicule! Chute provoquée par la nature ou artificiellement, rien est sûre, sinon qu’il ne faut pas être dessous quand ça tombe.

 

 

A un moment, nous tournons à droite à la vue d’un panneau « Valea Morilor de Apa » avant Cameniţa qui nous mène après quelques kilomètres à un second panneau où il faut tourner à gauche puis 5 km pour arriver à la ville. Il est préférable de faire cette vallée à pied pour les moulins, nous, nous n’avons rien trouvé. La route est néanmoins agréable et nous emmène droit dans les villages cachés, jolis et pittoresques. Route 571A, le village d’en haut est Gîlnik.

 

 

Des vues et des endroits magnifiques si on pose le pied pour se balader dans le village. En descendant la montagne, en pleine forêt sur bonne route, nous passons par Pădina Martei. La route serpentée nous suggère qu’il serait intéressant de descendre en traineau l’hiver ou en quad l’été. En bas, nous débouchons sur une ancienne carrière de pierre dont les vestiges en font un terrain de jeu pour les photographes voulant capter un moment de l’histoire ancienne.

 

 

Encore plus bas, Moldova Nouă et son énorme entreprise DELPHI qui donne du travail à beaucoup dans la région. Puis Măceşti. Les villes importent peu sinon de situer le paysage particulier, avec des forêts, des petits champs variés et le Danube pour tout irriguer.

 

 

Je me réveille sur la 573B en pleine forêt de montagne, forêt de hêtre sur terrain calcaire où l’on voit parfois de petits fantômes sortirent du sol, et nous regarder passer sur leur territoire. Nous sommes proches d’Anina et cherchons la cascade Bigăr, difficile à trouver car peu de signalisation sinon quand nous arrivons à 200m. Repérez-vous donc à la rivière Poneasca, route 58 à 12km avant Reşiţa. Surnommée à tord je pense « la plus belle rivière au monde » par d’autres bloggeurs, elle me surprend néanmoins par sa singularité et rend l’endroit féérique.

 

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Un parcourt est aussi aménagé pour accéder à un lac et une grotte. Enfin, avant la fin de la longue et riche journée que nous avons eu, nous tenterons un off-road qui ne donnera rien par manque d’essence.. Sur la route 87, nous passerons par Iabalcea, puis chemin 582C en direction de Peştere Comarnic où se trouve des grottes réputées. Nous irons un autre jour.

 

 

Nous arrivons tard à la Villa Venus. Elle offre un très bon confort. Elle se décompose en plusieurs bâtiments et un joli jardin bien entretenu.

 

 

Le jardin possède de nombreux endroits où s’asseoir, un lit double à baldaquin, un jacuzzi et une piscine montée.

 

 

Le petit-déjeuner est un buffet à l’intérieur, on ne peut donc malheureusement pas le prendre dehors (ou peut être, pas demandé). La salle à manger est petite et sympathique. Le buffet est riche et de qualité. La chambre que nous prenons est très spacieuse et le confort est à la hauteur des étoiles de la villa.

 

 

Vendredi matin, je profite d’un petit moment de solitude pour me promener dans la ville de Deva. Je passe par la place centrale où se trouve une statue de Décébale I, se dressant fièrement sur sa monture en brandissant la tête d’un loup, ce, en face de la maison des cultures et de quelques jeux d’eau. Je passe ensuite devant quelques églises, rien de trop particulier.

 

 

En me dirigeant vers la citadelle, je tombe sur le parc de la ville, petit mais agréable. Je me fais accoster par un photographe roumain qui cherche un oiseau, mais faute de vocabulaire il ne me fera jamais l’imitation de son cri pour que je sache lequel est-ce. Le parc est aménagé comme un jardin botanique, avec des panneaux et des espèces variées. Quelques jeunes karatékas, ou athlètes s’entraînent ça et là, une ville très sportive donc. On peut d’ailleurs voir le visage en bronze d’anciennes athlètes roumaines posant en bas de la citadelle de Deva.

 

 

Le reste de la journée est riche… en voiture, nous repérons une citadelle en ruine qui semble très intéressante, car placée en hauteur, jolie vue, et elle est bien conservée. Elle est accessible après une petite montée à pied de quelques minutes, qui commence dans le centre de la ville de Lipova. En rentrant de Timisoara, nous faisons un court off-road jusqu’à Hezeriş, pour se réjouir d’un village perdu dans la péninsule roumaine.

 

 

On se liera d’amitié avec un chien abandonné, qui coursera ensuite la voiture sur plus de 200m. J’ai pitié pour ces chiens qui semblent si gentils et en recherche de quelqu’un pour les aimer, un jour j’aimerais en rendre un heureux, quand je serai sûr de pouvoir lui offrir un avenir. Enfin, nous passons à Dumbrova et croisons un bâtiment sur lequel moi et Oana n’arrivons pas à nous accorder sur ce qu’il est; église, fort? Il n’en est pas moins captivant, planté là a milieu d’un grand jardin aussi désert que son village.

 

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Le soir, nous dormons à Castelul Maria. La chambre est au plus haut de la plus haute tour, et est très charmante, dans ses teintes rouges et marrons foncées et blanche. Les fenêtres sur les côtés de la chambre sont là pour nous rappeler que nous sommes dans une tour « de guet ». Le service est correct, il pourrait être un peu amélioré. Le jardin est selon moi l’atout de l’endroit; une grande diversité d’arbres, hêtre, bouleau, chêne, thuya, pin et épicéa. Le jardin est bien entretenu même s’il pourrait l’être plus. Des petits buissons sont répartis un peu partout pour créer de l’intimité pour les tables où l’on peut diner ou prendre le petit déjeuner.

 

 

Samedi matin, nous profitons au maximum, c’est le week-end, grasse matinée et petit dej dehors, avec les dernières fraîcheurs du jour qui nous font nous sentir sur un petit nuage.

 

 

A 11h30, on se motive, il faut profiter! Nous arrivons à Simeria qui est à seulement quelques minutes, pour visiter le jardin botanique, grand de ses 70ha, nous ne visiterons pas tout, mais ce que nous faisons nous satisfait au plus haut point. Certes, il n’est pas trop entretenu, seulement par une équipe de jeunes écoliers. Certes, il n’y a pas une multitude d’espèce, et celles-ci sont mal repérables dans la multitude de plantes qui habitent là. A l‘instar, j’ai pu visiter un mélange entre un jardin et une forêt mystérieuse aux nombreux chemins qui en font un labyrinthe où l’on peut prendre plaisir à se perdre juste un instant. Ici la nature et la main de l’homme semblent coexister, un endroit de paix donc.

 

 

A 13h, nous visitons le château de Deva. Perché à plus de 200m sur une colline, le château aujourd’hui détruit offre une vue imprenable de Deva et ses alentours. En ruine depuis le 19ème siècle, le château a l’avantage d’être en rénovation et une grande partie a été reconstruite ou consolidée, ce qui lui promet d’être intéressant dans les temps à venir. De plus, c’est une réserve pour une espèce rare, la vipère à corne. Vous risquerez vous à essayer de l’apercevoir?! N’ayez crainte, tout est aménagé pour que nos deux espèces ne se rencontrent jamais.

 

 

Ensuite, nous sommes allés à Hunedoara où se trouve le château de Corvin. Magnifiquement maintenu en bon état. Des visites en plusieurs langues sont possibles, des vues sur toutes les pièces du château et des expositions comme la salle des armes, celle des danses et banquets et celle de la torture. Petit « désagrément », prix élevé pour ce pays, 30lei.

 

 

Ensuite, après avoir aidé une brésilienne qui vient de Pologne et qui cherchait un hôtel dans la ville (elle faisait du stop seule en Roumanie, dangereux..), nous allons au lac Cincis, magnifique et caché entre les montagnes boisées, avec des teintes bleu-vert. Ce lieu est quelque peu touristique avec plage, pensions et campings, des activités y sont proposées; jet-ski, pédalo ou encore canoë. En somme, un lieu de détente si l’on trouve les bons endroits.

 

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En continuant la route, le lac se raccourci jusqu’à se perdre en marécage dans un peuplement de saules. Plus loin, il est possible de grimper dans des petits villages, direction Dealu Mic, mais arrivé un moment il faut continuer à pied pour avoir quelques vues (5km).

 

 

Nous nous sommes finalement arrêtés à la pension Belvedere, le bâtiment qui me semble le mieux placé, avec terrasse et piscine dirigées vers le lac, offrant une vue magnifique.

 

 

Le soir nous sommes retournés dans la même ville qu’hier soir, mais cette fois à Castelul Lupilor (le château des loups).

 

 

C’est pour moi la résidence qui m’a le plus plu. Pourquoi? Un service exemplaire; les serveurs et hôtesses sont souriants, attentifs à leurs clients et leurs habitués, et plein de petites choses qui nous font nous sentir chanceux. Secundo, l’objectif de l’hôtel, qui le fait sortir du lot, ce sont ses chambres à thèmes; chinois, princesse, reine paysan. Bien sûr, il y a aussi des chambres classiques qui sont agréables. Le château est entièrement décoré pour que l’on se sente à l’époque du moyen-âge. Nourriture variée et de qualité, possibilité de manger sur le balcon. Le petit bémol, le jardin, qui n’est pas fini avec un cour d’eau et un bassin artificiel, piscine creusée mais pas remplis, pas encore. Le château offre de plus une grande salle pour les possibles mariages qui semblent y être organisés, à voir l’organisation pour la nuitée, le château n’est tout de même pas assez spacieux pour accueillir chaque convive d’un mariage. Nous avons pour notre part joué aux samouraïs avec les différents accessoires de la chambre chinoise.

 

 

Dimanche, pareil, grasse matinée. Après un petit-déjeuner copieux, servi sur buffet, nous rentrons très doucement à Bucarest avec des détours que nous ne pouvons nous empêcher de faire.

 

 

Nous commençons par aller à la réserve de bisons juste avant le village de Haţeg, six gros bisons nous attendent en enclos, que l’on peut approcher à seulement quelques centimètres alors qu’ils croquent le maïs de leur grosse mâchoire. Magnifiques animaux dont on ressent la force, je dois avouer que je croyais l’espèce disparue. Elle est en faite en réinsertion, j’espère un jour en pleine liberté mais chaque chose en son temps et elles doivent apprendre à coexister avec nous comme nous avec elle. Mais bon, l’ours est accepté, donc ces paisibles herbivores le peuvent aussi.

 

 

Ensuite, on repart à la recherche d’un parc que l’on ne trouvera jamais, celui des dinosaures, mais la quête nous mènera à l’église Densuş, en pierre et datant du 15ème siècle, c’est probablement l’une des plus vieilles de Roumanie. Elle possède un petit cimetière. Nous croisons aussi une église reformée.

 

 

Petite vue sur un lac artificiel alors que nous nous rapprochons de Rău de Muri, et donc des montagnes. Sur la route 686, nous rencontrons plusieurs lieux de patrimoine, avec des explications historiques en anglais et français, chose bien pour nous. Des ruines d’une maison ayant appartenue aux nobles roumains de Candea au 16ème siècle. Nous passons à côté d’une entrée dans la forêt qui mène, après 30min de marche, à la citadelle de Colţ, que l’on aperçoit d’en bas sortir sa tête. Elle offre une vue sur le chemin qui mène à la montagne, et que nous  décidons d’emprunter après avoir jeté un bref coup d’œil à Biserica de Colţ, qui est en bas sur le côté de la route. Vieille église avec un peu de verdure qui lui pousse sur la tête. Elle sert de lieu d’ermitage aux moines orthodoxes.

 

Alors que l’on arpente en voiture la route qui mène aux sommets, nous voyons petit à petit apparaitre des gens qui se relaxent au bord d’un joli ruisseau en profitant de ce qu’offre la nature pour partager un moment de communion, petits clapotis de l’eau sur les cailloux, crépitement du feu, les criquets et sauterelles qui stridulent et le vent qui bruisse dans les arbres, faisant trembler feuilles et aiguilles. Plus haut, des pensions et hôtels pour loger tout le monde, mais pour les plus courageux, suivez mon avis, prenez votre tente! Vous pouvez surement continuer dans la réserve de Retezat, mais seulement à pied.

 

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