Voyage en Covasna et Harghita – Roumanie

Covasna

Je vous présente ci-dessous l’histoire de mon voyage en Covasna et Harghita, deux régions peuplées principalement par la communauté hongroise de Roumanie et qui ne manque pas de charme, avec de grandes étendues forestières s’étalant à perte de vue sur les collines.

Toujours est-il que je suis sur la route très connue et touristique qui Roumanie) à la Transylvanie. Distance du voyage entre Bucarest et Brasov ? 2h30 à 3h de route, route difficile car beaucoup de virages serrés et des conducteurs roumains effrénés et un peu fous, mais croyez moi, le paysage est magnifique. Passant entre les montagnes recouvertes d’épicéa et d’hêtre en peuplement pur ou mélangé. Vous aurez la possibilité de plus admirer le paysage si vous passez par là le week-end, car la circulation est alors beaucoup moins fluide et il faudra bien 2h pour venir à bout de ce passage seulement. Je croise Sinaia, Busteni et Predeal, les villes qui traversent les Carpates, criblées de lieux touristiques que je prendrai soin de vous décrire dans d’autres articles. Petit indice, les chemins mènent aux hauteurs, là où l’on peut se mélanger aux nuages et toucher le toit du monde ! Bon, c’est poétique, mais ici, les plus hauts sommets n’excèdent pas 2500m.

Arrivés à Busteni, je prends la direction du château Cantacuzino, que je ne visite pas, mais profite du restaurant Canta Cuisine, 5 étoiles avec terrasse et intérieur. Je choisis la terrasse qui offre une magnifique vue sur les montagnes. Celle-ci se cachent ce matin, la tête emmitouflée dans les nuages.

Le repas est de grande qualité et vaut son prix (entre 50lei en moyenne pour le plat principal). Des sauces succulentes, bien assaisonnées, et une crème brulée dont vous me direz des nouvelles, parfaitement réalisée et mariée avec de la glace vanille et des petites groseilles.

J’arrive à Brasov à l’hôtel Alinalex, je n’aurais pas la chance de profiter des climatisations qui sont installées à l’instant, et le réseau internet est moyen. La chambre est agréable, elle rejoint beaucoup le style de l’hôtel du Danube de Tulcea. Le prix est un peu élevé pour les manquements, néanmoins très grand buffet pour le petit déjeuner, celui-ci compris dans le prix. Avantage aussi, une baignoire.

Je pars directement me restaurer pour le dîner dans le centre de Brasov à un resto que je connais bien, le Sergiana. En profitant quelque peu du jardin botanique de la ville que je traverse. C’est un restaurant traditionnel, aménagé dans une ancienne cave. On trouve des tableaux et photos de paysans roumains, ou encore du château de Brasov. Ainsi que des ustensiles du passé ici ravivés pour régaler mes yeux.

Des plats traditionnels, comme le Goulas, que je me fais servir dans un petit pot. Le restaurant garde sa classe face à la rusticité, le service est bon, quoiqu’un peu lent (environ 20min) mais ce soir-là le resto est bondé. Les serveurs sont tout souriants dans leurs costumes traditionnels. Ce n’est certes pas pour le calme qu’il faut venir ici, mais pour la convivialité, l’ambiance. Salles fumeur et non-fumeur séparées.

Vendredi, je pars de l’hôtel à 14h. Nous arrivons en Covasna en cherchant deux citadelles que je ne trouve au final jamais, je passe par Malnas Bai et croise une petite église avec de magnifiques peintures colorées.

Je commence à croiser beaucoup de drapeaux qui représente le peuple des Secuis, que l’on retrouve pour beaucoup d’entre eux en Covasna et Harghita. Le drapeau est couleur bleue clair, or, bleu clair dans le sens horizontal.

En retournant sur la route E578 12, je remarque que petit à petit les montagnes recouvertes de forêts prennent le dessus sur les plaines agricoles. Je rentre alors dans la montagne et toutes ses forêts d’épicéa. Je passe devant l’ancienne ville très touristique à l’époque de Ceausescu, Baile Tusnad, bien placée et cachée dans la forêt. On y trouve des hôtels et pensions, comme le O-zone. Les villes commençant par Baile possèdent des bains thermales réputés pour les soins qu’ils prodiguent. Sorti d’ici, je ne peux que rester assis sur mon siège, mais bouillant de l’intérieur face à l’immensité du paysage. En face de moi, une armée d’arbre dévale les Carpates pour se retrouver pour les plus vaillants à se battre seuls là où la main de l’homme a pris le dessus, dans les champs et les villages.

J’arrive à Miercurea Ciuc sans trop visiter la ville qui a l’air néanmoins intéressante. Peu de fréquentation et de grands bâtiments qui attirent quelque peu mon intérêt. Mais je traiterai surtout du chemin secret que j’ai emprunté aléatoirement nous menant au final à une sorte de hameau caché à la lisière d’une forêt qui grimpe dans la montagne. M’engouffrant de plus en plus dans la forêt, sur une route de plus en plus incommodante, mais de plus en plus attirante, je croise de petites maisons, la plupart en bois, avec de jolis jardins. Ici tout est paisible et semble sortir d’ailleurs, me serais-je endormi sur la route par hasard?!

En continuant toujours sur la E578, j’arrive à Izvoru Muresului, un village entre montagne accessible par train et connu pour être une station de ski, visiblement peu développée. Je décide d’entamer une route en off-road qui grimpe fortement (10%), mais de bonne qualité. Je me rendrai néanmoins compte que ce chemin est trop étroit pour un demi-tour, mais l’ascension en vaut la peine, donc ne paniquez pas et allez jusqu’au bout. Assurez-vous juste d’avoir le véhicule adéquate, ou des jambes prêtent à 2h de route (14km) pour un panorama MA – GNIFIQUE! Des petites cabanes en bois abandonnées, la vallée, des très vieux tracteurs et charrettes pour se déplacer et récolter le foin. Le périple débouche à Canta, je repère une tour au loin que je n‘arrive pas à rejoindre en voiture, faute d’avoir trouvé le chemin qui existe tout de même.

En passant par Suseni, je suis la 138, passant à côté d’une ancienne carrière de pierre, semble-t-il avec quelques panneaux de renseignements sur l’avifaune et le volcan, sur lequel nous nous trouvons. Alors que je pénétre dans cette immense forêt d’épicéa et profite de cette route propre et captivante avec de nombreux virages, je débouche sur le lac Zetea, où je m’arrêterai demain.

J’arrive finalement tard à Izvoare, petit village très charmant, à la Villa Honor. Beau par sa rusticité, on trouve dans le chalet trophées, peaux d’ours, tableaux de chasse. Les poutres sont en résineux, probablement de l’épicéa, et une partie des murs et du sol sont en liège, couleur et texture agréable. La chambre reste simple, dans sa décoration et son confort. Le mobilier du salon est rustique; une vieille cuisine, un bar américain et un poêle à bois traditionnel. Dehors, un grand jardin qui permet d’accueillir beaucoup de monde, un pré haut abritant deux grands fours à bois, des troncs de bois autour d’un possible grand feu de joie.

Le lendemain matin, je me lève courageusement à 6 h 30 pour me lancer dans une randonnée équestre au milieu de la forêt. J’avais déjà fait une de ces promenades pendant 4h où j’avais pu traverser une grande propriété avec des troupeaux de cervidés que l’on croisait parfois. C’est pour moi la meilleure des activités que j’ai faites en Roumanie jusqu’à présent, sur le dos de mon fidèle destrier « Atila ». C’est le seul endroit de Roumanie où vous pourrez monter cette espèce, le cheval islandais.

Pas besoin d’expérience, seulement être gentil avec le poney et faire quelques gestes pour le diriger. Cette activité n’est pas accessible aux plus jeunes, qui nécessitent trop d’encadrement.

Je file donc à travers bois, parfois au galop, et la promenade est très appréciable. Accompagné de ses deux chiens, le guide parle hongrois, roumain et un peu anglais. Le complexe propose aussi d’observer les Ours dans un mirador à l’abri de leurs griffes, propose de chasser plusieurs types de gibier et il s’est aussi adonné à la charcuterie et le cuir. En résumé, un endroit propice pour les amoureux de la nature, des animaux, et aussi pour les chasseurs.

Rentrés au bercail, je m’attable pour un petit-déjeuner convivial et copieux. Le gérant, qui est aussi très agréable, courtois et attentif, me sert un plateau de tranches de saucissons de diverses espèces; sanglier, cerf, chevreuil, ours aussi! Un déjeuner pour le moins peu ordinaire. A 13h, après avoir pris notre temps dans le jardin, je pars en faisant un premier stop au lac Zetea, celui-ci créé par un barrage sur lequel nous passons. Quelques personnes se baignent, en somme un point d’eau peu fréquenté, accessible sans pour autant l’être partout, il est possible de se faire plaisir ici. Ce qui semble être une île couronnée de forêt me captive. Cela ressemble à un dôme, un château, qui se risquera à y aller explorer et faire du lac son domaine? En haut, on trouve de petites baraques où il est possible d’acheter des Kurtos Kolacs, sorte de tube grillé et assaisonné de différentes manières; miel, sucre, nunca (noisette)…, ainsi qu’un box proposant des confitures, des huiles, du miel.. en somme des spécialités du pays des Sicules.

Ensuite, je passe par de petits villages, Iulia puis Varsag, je me suis acquis ces terres, un jour elles seront mon pays! 🙂 Nous empruntons un chemin pierreux, qui est au début difficilement repérable. Celui-ci est en fait un chemin forestier qui mène à la cascade Varsag, Vizesés en hongrois. En continuant sur 4 ou 3 parties plates sur lesquelles l’eau glisse pour se briser en mille éclats à nos pieds. Je passe 1h là, à contempler chaque petit détail de ce que la nature nous offre, les cours d’eau s’étalent et chacun forme les lignes du livre de la nature. En escaladant très facilement on peut suivre le court d’eau qui semble venir du haut de la montagne. Après, je reprends le chemin inverse à la route 138, j’essuie une grosse averse qui surplombe toute la surface forestière. La Roumanie, je la connais bien maintenant pour ses changements de temps fréquents. Toujours est-il que l’on y voit presque plus rien et que sorti du pays de l’eau, les souvenirs que j’en ai reste à jamais gardés par ce pays d’entre réalité et rêve.

Je vais ensuite à Pestera Sugau, une grotte profonde de 180m. La route à prendre se trouve entre Suseni et Izvoru Muresului. Repérez-vous, en venant de Izvoru grâce à la forêt de pin sylvestre qui forme une sorte de dôme à votre droite. Un chemin sera introduit par le panneau de la grotte. Malheureusement, je suis arrivé trop tard là-bas, et je n’ai qu’une entrée de grotte clôturée à vous montrer. Il faudra venir à 16h au plus tard pour la visite et au plus tôt à 10h. 10lei/personne, et 25 lei si vous souhaitez emprunter un parcourt supplémentaire où casques et baudriers sont de mise. Vous devrez emprunter un sentier raide sur 400m où quelques pancartes vous permettront de reprendre votre souffle en découvrant animaux et végétaux de la forêt roumaine.

Enfin, après une route très accidentée où il vous faudra vous armer de patience et réflexes, j’arrive à l’hôtel Balvanyos. Je l’avoue, je le concède, à premier lieu l’hôtel ne m’a pas enthousiasmé. Grand et carré, l’extérieur ne s’accorde pas au panorama forestier. La chambre est somptueuse, mais très classique dans le genre. Avantage néanmoins, magnifique vue sur la grande forêt du balcon où nous sommes.

Mais j’ai ensuite appris l’histoire de l’hôtel, c’est un vieux bâtiment datant de l’époque de Ceausescu, il en a donc la forme originale, mais c’est du passé maintenant, le rez-de-chaussée, comprenant des salles à manger ou pour prendre un verre, sont magnifiquement décorées; éléments de cuir et de bois, des couleurs chaleureuses, des peintures et petits ustensiles dispatchés un peu partout, l’hôtel a investi sur la décoration, et cela a réussi à me captiver. Notez la salle du petit-déjeuner que je n’ai pas pu prendre en photo et qui vous charmera à coup sûr, je vous laisse le mystère. Sachez que c’est le plus gros buffet que j’ai pu avoir jusqu’à présent. Tous les détails sont là.

Mais avant cela, le dîner, que je choisis de prendre au restaurant Cetate. Celui-ci situé juste en face d’hôtels moins confortables et du bain thermal de Balvanyos. Le restaurant ne paie pas de mine, le service n’est pas super, pas de décoration non plus, en revanche, le repas est délicieux et la carte du menu très varié de plats traditionnels en tout genre. Mon plat, côte de porc grillé à la secuiesc.

Après le petit déjeuner, je prends un petit moment pour me relaxer sur le balcon, sur le bain de soleil, à écouter les feuilles bruisser et le tintamarre des hirondelles. Je me prendrai d’ailleurs l’un de leurs projectiles sur l’épaule, eh oui mon rapport avec les animaux est très étrange. En partant, je remarque que l’hôtel possède aussi un accrobranche très bien développé juste en face, dans les épicéas et sapins. Ils construisent aussi un restaurant externe, un étais venu, puis prends direction lac Sfanta Ana, situé à 10 km de l’hôtel, indiqué par un panneau. Il est possible d’approcher le lac en voiture, mais en payant une « place de parking » de 10lei. Vous pouvez néanmoins vous garer plus loin sans avoir à payer et ne pas perdre trop de distance, et puis quel plaisir de marcher dans ces forêts. En venant tôt le matin (11h), je suis tout de même obligé de me garer en haut du complexe, à 1.5km de marche du lac.

Je suis une route bitumée pour descendre dans le fond du puits, cerclé par les forêts d’épicéa. On pourrait penser aller à la mer quand on croise tous ces gens en maillot de bain, avec claquettes, serviettes de mer et bateaux gonflables. Au fond du fond je me retrouve au cœur de la forêt où le lac donne de la fraicheur à ce paysage. L’homme a su conquérir une grande partie de son contour pour en faire sa plage. Certains restent là toute la journée, ou encore sur plusieurs jours, avec tente et barbecue pour un maximum de confort.

Je ne sais pas comment je peux avoir autant de chance, mais au milieu de cette foule, je me fraye un chemin jusqu’à un petit ponton, pratiquement pas fréquenté, où il est possible de louer de petites barques. Je trempe mes pieds une petite heure pour me rafraichir de cette chaude journée.

Pour venir nager, ce lac est fait pour vous et des zones restent peu fréquentées pour ceux qui souhaitent s’isoler. Au contraire, même les premières eaux ne sont pas trop fréquentées.

Au final, je rentre avec une partie du voyage sous la pluie après Brasov, les montagnes abritent la pluie en Roumanie ! 🙂

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