Le château de Bran, sur les traces de Dracula

chateau de bran

Se trouvant dans le département de Brasov, le château de Bran attire chaque année énormément d’étrangers, tous voulant voir de leurs propres yeux le château de « Dracula », le vampire du roman de Bran Stoker.


Mais derrière ces fausses croyances, derrière ce marketing qui fonctionne si bien, enfin, derrière ces murs hauts et ces tourelles ténébreuses, se cache un magnifique monument chargé d’histoire.

Sommaire

Le château de Bran et Dracula : mythe ou réalité ?

Vlad l'Empaleur a-t-il vraiment vécu à Bran ?

C’est la question que presque tout le monde pose en arrivant devant le château. Et la réponse honnête, celle que les historiens donnent aujourd’hui, est non.

Vlad III, dit Vlad l’Empaleur, n’a jamais résidé au château de Bran. Il n’en était pas le seigneur, et le château ne lui était pas favorable. Sa résidence principale était la forteresse de Poenari, perchée dans les montagnes de l’Argeș, à plus d’une centaine de kilomètres à l’ouest de Bran. C’est là, dans ces ruines escarpées, que se trouve le vrai repaire historique du prince de Valachie.

Il existe bien une théorie selon laquelle Vlad aurait été brièvement emprisonné à Bran en 1462, après sa capture par le roi de Hongrie Matthias Corvin. Certains chercheurs roumains l’attestent, d’autres le réfutent. Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agissait que de quelques semaines, et non d’une résidence choisie.

C’est en réalité le régime communiste roumain qui, dans les années 1960, a commencé à associer activement Vlad l’Empaleur au château de Bran pour attirer les touristes étrangers. Le mythe s’est ensuite solidifié avec les films hollywoodiens des années 1970 et 1980.

Voici ce que dit la comparaison entre le personnage historique et le comte fictif :
 Vlad l’Empaleur (historique)Dracula (Bram Stoker)
Lien avec BranAucun lien établi ; passage possible en 1462Château fictif dans les Carpates
Résidence principaleForteresse de Poenari (Argeș, Valachie)Château de Dracula, Transylvanie
ÉpoqueXVe siècle (1431-1476)Personnage intemporel, vampire immortel
Réalité historiquePrince de Valachie, héros national roumainPersonnage entièrement fictif
Vlad l’Empaleur était un chef de guerre brutal et redouté, mais aussi un défenseur acharné de la Valachie contre les Ottomans. Les Roumains le considèrent aujourd’hui comme un héros national. Il n’était pas un vampire, et Bran n’était pas son château.

Comment le mythe de Dracula est né

Bram Stoker, écrivain irlandais né à Dublin en 1847, n’a jamais mis les pieds en Roumanie. Jamais. Pourtant, il a créé l’un des personnages les plus célèbres de la littérature mondiale en s’appuyant sur des sources qu’il trouvait dans les bibliothèques britanniques.

En 1890, lors d’un séjour à Whitby, dans le nord de l’Angleterre, Stoker tombe sur un ouvrage de William Wilkinson intitulé An Account of the Principalities of Wallachia and Moldavia (1820). Le livre ne mentionne pas Vlad III, mais Stoker est frappé par un mot : “Dracula”. Il abandonne aussitôt le nom qu’il avait prévu pour son vampire, “Comte Wampyr”, et adopte ce terme roumain qui signifie “fils du dragon” ou “fils du diable”.

Le nom vient de l’histoire réelle de Vlad II Dracul, père de Vlad III, membre de l’Ordre du Dragon, une confrérie de chevaliers fondée par l’Empereur Sigismond pour combattre les Ottomans. “Dracul” signifiait “le dragon” en roumain médiéval, et son fils devint naturellement “Dracula”, le fils du dragon.

Pour décrire le château de son comte, Stoker s’est probablement inspiré d’une illustration du château de Bran publiée dans l’ouvrage de Charles Boner, Transylvania: Its Products and Its People (1865), disponible en Angleterre à l’époque. La silhouette du château, perché sur son rocher au-dessus d’un défilé montagneux, correspondait parfaitement à l’atmosphère gothique qu’il cherchait.

Stoker a aussi puisé dans le folklore transylvanien, notamment les légendes des strigoi, ces esprits maléfiques qui, selon la croyance populaire des villages autour de Bran, quittaient leur corps la nuit pour tourmenter les vivants. C’est de ces récits que naît la figure du vampire tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Le lien entre Bran et Dracula est donc littéraire, pas historique. Stoker n’a jamais écrit que son château était Bran. C’est la ressemblance visuelle, amplifiée par le tourisme des années 1970, qui a scellé cette association dans l’imaginaire collectif. Et franchement, quand on se retrouve devant le château au crépuscule, on comprend pourquoi.

Histoire du château de Bran (1211 à aujourd'hui)

La construction médiévale (1211-1388)

L’histoire du château de Bran commence bien avant Dracula, bien avant la reine Marie, et même bien avant les Saxons de Brașov.

En 1211, le roi André II de Hongrie confie la région de Bârsa aux Chevaliers Teutoniques, un ordre militaire catholique fondé en Palestine. Leur mission : défendre la frontière sud-est de la Transylvanie contre les incursions des Coumans et des Petchenègues. Ils y construisent une première fortification en bois, aujourd’hui disparue. Ils seront chassés de la région en 1225, mais l’emplacement stratégique du défilé de Bran reste dans les mémoires.

C’est en 1377 que le château prend sa forme durable. Le roi Louis I de Hongrie accorde aux Saxons de Kronstadt (l’actuel Brașov) le droit de construire, à leurs frais et avec leur propre main-d’oeuvre, une forteresse en pierre sur le rocher dominant le défilé. Les travaux s’achèvent en 1388.

Le site est choisi pour sa valeur stratégique absolue. Perché à plus de 60 mètres au-dessus du défilé, le château contrôle le seul passage praticable entre la Transylvanie et la Valachie dans cette partie des Carpates. Quiconque voulait commercer entre les deux régions devait passer sous ses murs.

Dès sa construction, le château remplit une double fonction : forteresse militaire pour repousser les incursions ottomanes, et poste de douane pour percevoir les taxes sur les marchandises transitant entre Transylvanie et Valachie. Une position qui lui vaudra d’être convoité par tous les pouvoirs de la région pendant les siècles suivants.

L'ère royale : la reine Marie de Roumanie

Si vous visitez Bran aujourd’hui, vous serez peut-être surpris. Le château est lumineux, habité, presque chaleureux. Ce n’est pas le mérite de Dracula. C’est celui de la reine Marie.

Le 1er décembre 1920, les habitants de Brașov, par décision unanime du conseil municipal conduit par le maire Karl Schnell, offrent le château à la reine Marie de Roumanie. Le geste est sincère : la reine, petite-fille de la reine Victoria d’Angleterre, avait joué un rôle décisif dans la diplomatie de l’après-guerre et dans l’unification de la Grande Roumanie. Le château, alors délabré et utilisé par des agents forestiers, était un cadeau symbolique autant que concret.

Marie tombe immédiatement amoureuse du lieu. Elle le décrit comme ayant une “beauté sauvage”. Elle fait appel à l’architecte tchèque Karel Liman, déjà auteur des châteaux de Peleș et Pelișor, pour transformer la forteresse froide en résidence d’été royale. Entre 1920 et 1932, les travaux sont considérables : deux tours supplémentaires pour les escaliers, des meurtrières transformées en fenêtres lumineuses, des cheminées modernes, l’eau courante, l’électricité, et même un ascenseur creusé dans la roche pour relier le château à ses jardins à l’anglaise.

L’intérieur reflète l’âme artistique de la reine. Bois sculpté sombre, tapis roumains épais, icônes, céramiques traditionnelles. Elle transforme une machine de guerre en foyer.

Marie aimait Bran d’un amour profond et personnel. Elle y passa certains des moments les plus heureux de sa vie, souvent en compagnie de sa fille préférée, la princesse Ileana. Quand elle mourut le 18 juillet 1938, sa dernière volonté fut d’une précision médiévale : son corps serait inhumé au monastère de Curtea de Argeș, aux côtés de son mari le roi Ferdinand, mais son coeur, lui, devrait être séparé de ses restes et placé dans une chapelle au bord de la mer Noire, à Balchik.

En 1940, quand la Bulgarie récupère le territoire de Balchik, le coeur de la reine est transporté à Bran dans un coffret d’argent enveloppé dans les drapeaux de la Roumanie et de l’Angleterre natale de Marie. Il repose aujourd’hui dans une chapelle à flanc de rocher, non loin du château. C’est peut-être la présence la plus émouvante de tout le site.

La restitution aux Habsbourg (2006)

En 1948, le régime communiste nouvellement installé exproprie le château de Bran, comme il le fait avec l’ensemble des propriétés royales. La famille est chassée du pays du jour au lendemain. Dominic von Habsburg, fils de la princesse Ileana et petit-fils de la reine Marie, n’avait alors que dix ans. Il se souviendra toute sa vie de ce départ forcé.

La famille erre d’abord en Suisse, puis en Argentine, avant de s’installer aux États-Unis. Pendant des décennies, le château est géré comme musée d’État, avec trois départements : patrimoine royal, coutumes médiévales, ethnographie.

La chute du communisme en 1989 ouvre la voie à des restitutions. En 2005, le gouvernement roumain adopte une loi permettant de réclamer les biens illégalement expropriés. Un an plus tard, le 18 mai 2006, après plusieurs années de procédures judiciaires, le château est officiellement restitué à Dominic von Habsburg et à ses deux soeurs, Archduchesse Maria Magdalena et Archduchesse Elisabeth, en tant qu’héritiers légaux de la princesse Ileana.

La cérémonie de remise est chargée d’émotion. “Je n’arrive pas à croire que cela se passe vraiment. C’était ma maison et je n’y avais pas mis les pieds depuis 1948”, confie Dominic von Habsburg à l’agence Reuters ce jour-là.

La restitution ne se fait pas sans tensions. Le Parlement roumain conteste la légalité de la procédure en 2007, mais la Cour constitutionnelle rejette ce recours en octobre de la même année. En décembre 2007, une commission gouvernementale confirme définitivement la validité de la restitution.

En juin 2009, après trois ans de transition pendant lesquels l’État roumain administre encore le château, les Habsbourg en prennent pleinement possession. Ils l’ouvrent immédiatement au public comme premier musée privé du pays. Aujourd’hui, le château reste ouvert à la visite, géré par la famille, et met en valeur son histoire royale autant que sa légende drakuléenne.
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Que voir au château de Bran ?

Le chateau de Bran
Le château de Bran, d’un caractère fort et sombre, se dresse sur un grand rocher et vous devez monter un bon nombre de marches pour y accéder. De part sa hauteur, c’est une fois à ses pieds que l’on passe le seuil de la cime des arbres, forêts qui le ceinturent. Faisant la garde fixe, une stèle en pierre qui doit peser très lourd nous attend. Elle n’a rien à dire, sinon des symboles étranges écrits dessus, peut-être une malédiction, ce qui fera rebrousser chemin aux plus froussards ;).
chateau de Bran
chateau de Bran
Après avoir franchi une lourde porte de bois, on débouche au milieu du château, dans la cour intérieure. Mignonnette, c’est d’ici que les différentes parts du monument sont connectées. Dallée de grosses pierres uniformes, c’est une ambiance grise austère qui règne ici. Quelques arbres sont présents, mais c’est comme s’ils voulaient se cacher, car ils ne dégagent rien, ni bruit, ni odeur, ni vie. On retrouve au milieu de cette cour un vieux puits, où, sculpté sur la pierre, un lion garde férocement un heaume. « Ne buvez surtout pas son eau », me dira un vieillard, avant de disparaître dans un couloir sombre aussi rapidement qu’il était apparu.
chateau de Bran
chateau de Bran
bran castle
Tout cela commence à devenir très étrange, et revenant à la réalité, maman et moi entamons la visite. La première chambre dans laquelle nous pénétrons est, je ne sais pour quelle raison, remplie de vieux jouets d’enfants. Malgré que cette pièce semble n’avoir aucun rapport avec l’histoire, cela ne reste pas moins intéressant de voir ces vieux jouets, qui doivent probablement dater du 20eme siècle. Au-delà des jouets d’enfants, les meubles commencent à faire leur apparition eux aussi. De différentes époques, de différentes provenances, parce que beaucoup de nationalités sont passées ici, à beaucoup d’époques, le style du château est indéfinissable, et ma mère ne sait plus où donner de la tête.
chateau de Bran
chateau de Bran
On retrouve des bureaux en bois sombres tapissés de nappes rouge sang, on croise des portraits de personnes importantes, tant réaliste qu’on pourrait s’attendre à en voir sortir le personnage. De grands tapis traditionnels, un piano, dans le coin, là-bas, dont on dit que la nuit, certaines notes funestes en sortiraient.. Tout est authentique.

Les chambres varient en dimensions, et certaines d’entre-elles sont très vastes. Les murs en plâtre blanc offrent la luminosité souhaitée pour s’y retrouver, car sans eux, les ombres que projettent les plafonds de bois, le peu de lumière passant à travers les fenêtres, tout cela aurait rapidement raison de votre sens le plus précieux, vous seriez plongé dans le noir. Incrustés dans le mur, des cheminées aux formes incongrues devaient bien réjouir les occupants du lieu, qui devaient affronter de durs hivers, seuls, dans le vaste château.
chateau de Bran
chateau de Bran
On retrouve des bureaux en bois sombres tapissés de nappes rouge sang, on croise des portraits de personnes importantes, tant réaliste qu’on pourrait s’attendre à en voir sortir le personnage. De grands tapis traditionnels, un piano, dans le coin, là-bas, dont on dit que la nuit, certaines notes funestes en sortiraient.. Tout est authentique. Les chambres varient en dimensions, et certaines d’entre-elles sont très vastes. Les murs en plâtre blanc offrent la luminosité souhaitée pour s’y retrouver, car sans eux, les ombres que projettent les plafonds de bois, le peu de lumière passant à travers les fenêtres, tout cela aurait rapidement raison de votre sens le plus précieux, vous seriez plongé dans le noir. Incrustés dans le mur, des cheminées aux formes incongrues devaient bien réjouir les occupants du lieu, qui devaient affronter de durs hivers, seuls, dans le vaste château.
chateau de Bran
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Je ne vous décrirais pas toutes les salles, je n’en ai pas toutes les descriptions et ce serait bien trop lourd dans le texte. Sachez simplement qu’il y a beaucoup de choses à voir et que la visite durera assurément plus de 2 heures. Voyez les quelques photos qui trouveront à vos yeux plus d’explications que mes propres mots.
chateau de Bran
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Comment visiter le Château de Bran ?

Prix d'entrée et horaires 2026

Nous vous recommandons toujours de vérifier les informations sur le site : https://bran-castle.com/

  • Prix d’entrée :
    • Adulte : 90 lei
    • Retraité : 60 lei
    • Enfant (de 7 à 18 ans) : 30 lei
  • Horaires d’ouverture (ferme à 18h00 du 1er octobre au 31 mars) :
    • Lundi : 12h00 – 18h00
    • Mardi – Dimanche : 9h00 – 18h00
  • Réserver sur internet : https://horizon.sharptech.eu:9045/
  • Site internet : https://bran-castle.com/
  • Téléphone : +40 268 237 700
  • Mail : office@bran-castle.com
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Comment rejoindre le château de Bran depuis Brasov ?

Pour rejoindre le château de Bran, il existe plusieurs possibilités avec les transports en commun, selon que vous partez de Brasov ou Bucarest.

  • Au départ de Bucarest :
    • il y a des excursions organisées à la journée pour découvrir le château Peles, Brasov et le château de Bran. Ces excursions sont réalisées en groupe avec guide et transport privé pour des coûts très faibles.
    • Sinon, il faut prendre le train pour rejoindre Brasov. Cela dure environ 3h30 pour 10€ le trajet simple.
  • Au départ de Brasov :
    • Il y a des navettes toutes les heures au départ de la station N°2 de Brasov. Le trajet dure 45min et coûte 1,5€ (aller simple). Voir carte ci-dessous.

Si vous souhaitez rejoindre un groupe et participer à une excursion guidée d’une journée avec transport pour découvrir le château de Bran, le château Peles et Brasov, nous vous recommandons de passer par Get your Guide :

Le château de Dracula, immanquable de la Roumanie

Le château a beaucoup plu à ma mère, d’une part, car elle a pu découvrir une grande part de l’histoire de la Transylvanie à travers mes remarques, mes propres connaissances, mais aussi grâce aux nombreux éléments, historiques et traditionnels, qui parsèment le château de Bran. L’ambiance, quand on pénètre dans un château de Roumanie, est vraiment spéciale. On a bien cette impression de grandeur, certes, que nous offre tout bon château, mais les couleurs, les tailles, les styles, tout ça nous projette dans un autre monde, celui des rêves.
chateau de Bran
Je vous invite donc à venir découvrir le château de Bran, mais si vous souhaitez en apprécier la réelle beauté, peut-être vaudrait-il mieux vous libérer de toutes les histoires fausses qui circulent sur Dracula, et qu’ainsi, ce soit votre imagination qui puisse écrire le roman de votre voyage.

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(2) Comments

  1. LejeanL

    Salut,

    Le meilleur plan serait d’y aller en stop.

    Mais si tu souhaites quelque chose de sur, je te conseille le bus, tout simplement.

    Il part de Brasov, passe toutes les 30mins, dure 45min de trajet et coute 1.2euro (5lei).

    N’hésite pas si tu as d’autres questions,

    Lejean-travels

  2. Partons à l’aventure

    Salut,

    Je compte visiter ce château dans quelques jours et j’aurais aimé savoir si tu connaissais un bon plan pour s’y rendre à moindre cout de Brasov ?

    Merci,
    Driss

Les commentaires sont fermés.

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