chateau de Bran

Le château de Bran, le monument le plus touristique de Roumanie

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Se trouvant dans le département de Brasov, le château de Bran attire chaque année énormément d’étrangers, tous voulant voir de leurs propres yeux le château de « Dracula », le vampire du roman de Bran Stoker.

 

Mais derrière ces fausses croyances, derrière ce marketing qui fonctionne si bien, enfin, derrière ces murs hauts et ces tourelles ténébreuses, se cache un magnifique monument chargé d’histoire.

 

Histoire du château de Bran

 

L’histoire du château de Bran commence en 1211. Le roi de Hongrie, André II, veut se protéger des Coumans et Petchenègues (nomades turcs) qui menacent de progresser vers l’ouest. Pour cela, il va offrir aux chevaliers teutoniques, un ordre catholique né en Palestine par les croisades germaniques, le pays de Barsa. Ils y construiront une forteresse à Bran (« porte » en Turc), toute de bois. Malheureusement pour eux, ils en profiteront peu, car chassés de la région en 1226 par la Hongrie.

 

 

Bien longtemps après, en 1377, ce seront les saxons de Brasov, arrivés en Transylvanie au 12eme siècle pour la coloniser et la défendre, qui obtiendront du roi actuel de Hongrie Louis I d’Anjou le droit de construire un vrai château.

 

 

La fin des travaux arriva en 1388. Placée sur le versant d’une colline, la forteresse était stratégiquement disposée de façon à repérer les passages dans la vallée. Etant un point d’assise pour le transfert des marchandises, le fort a vu passer beaucoup de monde ; soldats, mercenaires ou encore conteur.. Le noble en charge du château était élu par le roi de Hongrie, en général parmi les saxons, et son rôle s’étendait sur toute la Transylvanie.

 

 

En 1407, il change de main, donne comme récompense de la loyauté de Mircea l’Ancien envers le roi de Hongrie, Sigismond de Luxembourg. Etant le voïvode de Valachie, c’est l’une des premières ententes entre les deux principautés. Le château retournera à son propriétaire en 1419 à la mort de Mircea.

 

 

En 1441, Iancu de Hunedoara vainc les turcs à Bran. Il devient alors très important de tenir ce point stratégique et les saxons de Brasov sont appelés en soutien.

 

 

C’est le 1459 que Vlad Tepes passera à Bran, ledit « Dracula », qui est en réalité voïvode de Valachie à cette époque. Il y massacrera des 100ène de saxons pour un conflit d’intérêt et il acquerra une très mauvaise réputation.

 

 

Le château a subi de nombreux dégâts tout au long de sa vie. La réserve de poudre prendra mèche en 1593, une tempête ravagera la toiture en 1617. Heureusement, c’est sous le règne de Gabriel Bethlen (1613-1629) qu’il sera reconstruit et remis à neuf.

 

 

Il perd son rôle militaire et frontalier en 1836 et sera laissé à l’abandon de 1888 jusqu’à 1918, tombant en désuétude.

 

 

En 1919, c’est l’issue de la 1ère guerre mondiale qui donne faveur aux Roumains au détriment des hongrois. Ferdinand I regroupe  la Transylvanie, la Valachie et la Moldavie en un même pays, la Roumanie.

 

 

Sa femme, la reine Marie de Roumanie, se verra offrir le château de Bran par le peuple. Il lui plaira beaucoup et elle y fera des restaurations et aménagements pour le rendre plus « royal ». Il devient donc sa résidence d’été.

 

 

La reine Marie mourra en 1938 et c’est sa fille, la princesse Ileana, qui héritera du château de Bran. Durant la seconde guerre mondiale, elle fait construire un hôpital et soignera les blessés de guerre jusqu’en 1948. Malheureusement pour elle, elle devra fuir le pays à l’arrivée du régime communiste. En 1956, le château devient un musée contenant l’héritage royal, l’héritage médiéval et un musée ethnographique.

 

 

C’est de 1987 à 1993 que les dernières rénovations sont réalisées et en 2006, le château revient de droit aux héritiers de la princesse Ileana, au nombre de trois.

 

 

Lisant en ce moment le roman de Dracula, j’en comprends, en même temps que je vous écris, que l’on est loin des comtes et légendes que l’on pouvait avoir sur le château du vampire. L’histoire n’en reste pas moins très belle et pleine de vérité. Mais laissez-moi vous raconter la mienne, celle de deux français découvrant pour la première fois cette merveille de la Roumanie.

 

Mon expérience au château de Bran

 

L’entrée coûte 35 lei/personne et comprend la taxe photo.

 

 

Le château de Bran, d’un caractère fort et sombre, se dresse sur un grand rocher et vous devez monter un bon nombre de marches pour y accéder. De part sa hauteur, c’est une fois à ses pieds que l’on passe le seuil de la cime des arbres, forêts qui le ceinturent. Faisant la garde fixe, une stèle en pierre qui doit peser très lourd nous attend. Elle n’a rien à dire, sinon des symboles étranges écrits dessus, peut-être une malédiction, ce qui fera rebrousser chemin aux plus froussards ;).

 

 

Après avoir franchi une lourde porte de bois, on débouche au milieu du château, dans la cour intérieure. Mignonnette, c’est d’ici que les différentes parts du monument sont connectées. Dallée de grosses pierres uniformes, c’est une ambiance grise austère qui règne ici. Quelques arbres sont présents, mais c’est comme s’ils voulaient se cacher, car ils ne dégagent rien, ni bruit, ni odeur, ni vie. On retrouve au milieu de cette cour un vieux puits, où, sculpté sur la pierre, un lion garde férocement un heaume. « Ne buvez surtout pas son eau », me dira un vieillard, avant de disparaître dans un couloir sombre aussi rapidement qu’il était apparu.

 

 

Tout cela commence à devenir très étrange, et revenant à la réalité, maman et moi entamons la visite. La première chambre dans laquelle nous pénétrons est, je ne sais pour quelle raison, remplie de vieux jouets d’enfants. Malgré que cette pièce semble n’avoir aucun rapport avec l’histoire, cela ne reste pas moins intéressant de voir ces vieux jouets, qui doivent probablement dater du 20eme siècle. Au-delà des jouets d’enfants, les meubles commencent à faire leur apparition eux aussi. De différentes époques, de différentes provenances, parce que beaucoup de nationalités sont passées ici, à beaucoup d’époques, le style du château est indéfinissable, et ma mère ne sait plus où donner de la tête.

 

 

On retrouve des bureaux en bois sombres tapissés de nappes rouge sang, on croise des portraits de personnes importantes, tant réaliste qu’on pourrait s’attendre à en voir sortir le personnage. De grands tapis traditionnels, un piano, dans le coin, là-bas, dont on dit que la nuit, certaines notes funestes en sortiraient.. Tout est authentique.

 

 

Les chambres varient en dimensions, et certaines d’entre-elles sont très vastes. Les murs en plâtre blanc offrent la luminosité souhaitée pour s’y retrouver, car sans eux, les ombres que projettent les plafonds de bois, le peu de lumière passant à travers les fenêtres, tout cela aurait rapidement raison de votre sens le plus précieux, vous seriez plongé dans le noir. Incrustés dans le mur, des cheminées aux formes incongrues devaient bien réjouir les occupants du lieu, qui devaient affronter de durs hivers, seuls, dans le vaste château.

 

 

Voici une belle pièce ou, on l’imagine, le voïvode venait retrouver ses livres favoris dans la bibliothèque, et les pieds nus posés sur la peau d’ours, à coté de la cheminée, il se délectait d’un bon roman.

 

 

Empruntant l’escalier secret du château de Bran, un passage à travers mur raide et étroit, nous sommes montés jusqu’à la plus haute partie visitable du château. Ainsi, nous avions une belle vue sur les montagnes. A partir de là, les pièces de cette partie du monument sont plus récentes, on le voit aux poêles à bois en céramique, des plus magnifiques que j’ai pu voir parmi tous mes voyages. Appréciez le bureau sombre, avec les accoudoirs se terminant par des têtes de béliers sculptées. Sans vouloir dire de mensonges, il s’agirait du bureau d’un des neveux de la famille royale.

 

 

Je ne vous décrirais pas toutes les salles, je n’en ai pas toutes les descriptions et ce serait bien trop lourd dans le texte. Sachez simplement qu’il y a beaucoup de choses à voir et que la visite durera assurément plus de 2 heures. Voyez les quelques photos qui trouveront à vos yeux plus d’explications que mes propres mots.

 

Un immanquable de la Roumanie

 

Le château a beaucoup plu à ma mère, d’une part, car elle a pu découvrir une grande part de l’histoire de la Transylvanie à travers mes remarques, mes propres connaissances, mais aussi grâce aux nombreux éléments, historiques et traditionnels, qui parsèment le château de Bran. L’ambiance, quand on pénètre dans un château de Roumanie, est vraiment spéciale. On a bien cette impression de grandeur, certes, que nous offre tout bon château, mais les couleurs, les tailles, les styles, tout ça nous projette dans un autre monde, celui des rêves.

 

 

Je vous invite donc à venir découvrir le château de Bran, mais si vous souhaitez en apprécier la réelle beauté, peut-être vaudrait-il mieux vous libérer de toutes les histoires fausses qui circulent sur Dracula, et qu’ainsi, ce soit votre imagination qui puisse écrire le roman de votre voyage.

2 Responses

  1. LejeanL

    Salut,

    Le meilleur plan serait d’y aller en stop.

    Mais si tu souhaites quelque chose de sur, je te conseille le bus, tout simplement.

    Il part de Brasov, passe toutes les 30mins, dure 45min de trajet et coute 1.2euro (5lei).

    Voici tous les détails sur le site web officiel : http://www.bran-castle.com/directions.html

    N’hésite pas si tu as d’autres questions,

    Lejean-travels

  2. Partons à l'aventure

    Salut,

    Je compte visiter ce château dans quelques jours et j’aurais aimé savoir si tu connaissais un bon plan pour s’y rendre à moindre cout de Brasov ?

    Merci,
    Driss

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