palais Mogosoaia

Le Palais de Mogosoaia, immanquable de Bucarest

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Le Palais de Mogosoaia est une très bonne destination si vous séjournez à Bucarest, que ce soit pour un moment de détente dans son beau parc ou dans un objectif culturel, d’apprendre plus sur une part de l’histoire roumaine.

 

 

C’est avec chance que j’ai assisté à la nuit des musées ce mois de mai et le palais de Mogosoaia fut notre choix, à Oana et moi.

 

Où se trouve Mogosoaia ?

 

Mogosoaia se trouve au nord-nord-ouest de Bucarest, à approximativement 15 min du centre. Malheureusement, le métro ne va pas encore là-bas, sinon, vous pouvez être certain que j’y irais plus souvent. Le mieux reste la bonne vieille masina (voiture).

 

 

En entrant par l’entrée officielle du parc, vous suivrez une longue allée entre les arbres, à travers une grande étendue d’herbe verte. Petit à petit, les gros bâtiments apparaissent, et avant d’atteindre le mirador de l’entrée, on tombe face à l’église de Saint-Georges.

 

 

Imaginez ce beau spectacle. Malgré les ténèbres de la nuit, la blancheur de ce lieu saint l’emporte et il n’est pas difficile de le repérer. En plus, un chant, grandissant à mesure que je m’avance, m’atteint et me fera rentrer dans une méditation passive, une bonne humeur.

 

 

Ce sont les prêtres qui psalmodient la messe du soir.

 

Description du Palais de Mogosoaia, héritage de Constantin Brancoveanu

 

L’église Saint-Georges

 

Erigée en 1688 par Constantin Brancoveanu (prince de Valachie), l’église a la forme d’un bateau, avec une tourelle venue naître sur son flanc gauche. Son toit, en forme de triangle aplati, lui donne un charme fou, d’autant plus qu’il s’agit de tuiles de bois. Une belle œuvre d’art.

 

 

Le porche est à demi-fermé par 8 colonnes et entre-elles, des pots de fleurs sont suspendus. On retrouve des fresques religieuses et entrez un peu…

 

 

…Car à l’intérieur, les peintures murales sont omniprésentes. De couleurs vives et d’or, vous vous retrouvez en présence d’une beauté culturelle typique de la Roumanie. On retrouve des saints, des scènes religieuses. Au-dessus de vous, dans la coupole, Jésus se tient parmi les étoiles, maintenant l’annuaire et le pouce liés en signe de bénédiction. Ces décorations datent de 1705.

 

 

Sorti de l’église, vous n’avez que quelques pas à faire pour atteindre l’entrée de la cour intérieure, nommée la tour de la porte. Celle-ci a été construite en 1702 puis restaurée en 1980. Elle est constituée de briques orangées et couverte d’une toiture en bois supportée par de fines colonnes. De cette tour, un mur de 3 m de haut parcourt une large superficie pour fermer le palais.

 

 

Cuhnia, ancienne cuisine princière

 

Directement à votre droite, se trouve Cuhniales cuisines du voïvode Constantin Brancoveanu. Elles sont représentatives de son style architectural.

 

 

Construites entre 1681 et 1702, celles-ci ont la spécificité de posséder quatre tours d’aération. Aujourd’hui, on y trouve seulement des œuvres d’art moderne, et les pièces vides ne nous permettent pas vraiment d’imaginer à quoi cela ressemblait dans le passé.

 

 

Sortant des cuisines, c’est une mélodie joyeuse qui vient de nouveau stimuler mon ouïe. Cela provient d’une flûte de bois que quelqu’un, au milieu de la cour, joue avec talent.

 

 

Ce soir, les bâtiments sont éclairés avec force et heureusement d’ailleurs, car face aux ténèbres de la nuit, on ne pourrait apprécier si beau spectacle.

 

 

Voyons plutôt les deux bâtiments qui s’offrent à nous :

 

La Maison des invités, transformée en terrasse

 

Le premier a été érigé en 1870 par Nicolae G. Bibescu et se nomme la maison des invités. Aujourd’hui, le bâtiment sert à la restauration et au logement et vous pourrez vous y installer l’été, sous le porche, pour y siroter une boisson à l’ombre.

 

 

Le second, celui qui nous intéresse le plus, est le palais de Mogosoaia.

 

Le Palais de Mogosoaia

 

Histoire de Constantin Brancoveanu et de son palais

 

Constantin Brancoveanu, prince de Valachie de 1688 à 1714, a réalisé beaucoup de choses de son vivant.

 

 

D’une part, il fit édifier le monastère d’Horezu au début de son règne, en 1690. Ensuite vint le palais de Potlogi, qu’il me tarde de visiter, et le palais de Mogosoaia, édifié en 1702. Le style architectural de ces monuments historiques sera plus tard jugé d’authentique, ce que l’on nommera alors le style « Brancovan ».

 

 

D’autre part, Constantin Brancoveanu tentera de trouver une entente entre les puissances voisines, afin de permettre à la Valachie d’obtenir son indépendance. Il sera allié dans le même temps aux ottomans, aux autrichiens et aux russes, malgré que ceux-ci soient ennemis. Vous comprenez que cela est difficile… C’est ainsi qu’en 1695, le prince étant vassal de l’empire Ottoman, il se verra de plus recevoir le titre de Prince du Saint-Empire Romain Germanique, et en 1700, il sera décoré de la Croix de Saint André par le Tsar de Russie.

 

 

Tout semblait se maintenir, mais la jalousie vint se mêler à la partie, car Brancoveanu était un homme très riche. Son oncle, Constantin Cantacuzino, décide de le dénoncer à l’Empire Ottoman. Le prince est arrêté et envoyé à Constantinople avec ses fils, ou ils devront faire un choix, se convertir à la religion musulmane ou mourir. Ils refuseront et le prince dira même à son plus jeune fils « Tu as vécu en chrétien, et c’est en chrétien que tu mourras ». Lui et sa famille seront donc décapités.

 

 

Le 15 août 1992, le prince Constantin est canonisé par l’église orthodoxe roumaine et sa fête a lieu le 16 août.

 

 

Dans toute cette histoire, le palais de Mogosoaia fut l’une des demeures du prince Constantin Brancoveanu. Il est resté en possession de la famille pendant 119 ans. Malheureusement, sa forme actuelle est rénovée, car le palais a été dévasté à maintes reprises. La première fois durant le conflit russo-turc de 1768 à 1774, la deuxième fois lors de la révolution de 1821 ou Grégoire Brancoveanu, le dernier descendant de la famille, fut obligé de fuir le palais.

 

 

En 1932, à la mort de Grégoire, sa fille adoptive hérite du palais, qui deviendra ensuite la propriété de la famille Bibescu par mariage.

 

 

Bien plus tard, le palais subira les dégâts des bombardements allemands de 1912 et Martha Bibecu, alors propriétaire, fera des rénovations de 1920 à 1935. Ensuite, il sera nationalisé par les communistes. Pillé, dévasté, c’est après beaucoup d’années qu’en 1957, il devient un musée.

 

 

On peut être fière de le retrouver en bel apparat aujourd’hui après tant de péripéties.

 

 

Description du Palais de Mogosoaia

 

D’une masure impressionnante, le palais fait face au lac du parc. Composé essentiellement de briques orangées, on retrouve ces colonnes si particulières et charmantes au niveau des balcons, l’un faisant face au lac, l’autre à la cour.

 

 

A l’intérieur, on peut y voir de très intéressants objets, conservés ici car liés à l’histoire de Constantin Brancoveanu.

 

 

Les chambres ont conservé leur taille et position, mais en dehors de cela, rien n’est pareil à l’époque du prince. Les murs sont couverts de plâtre blanc et les meubles qui s’y trouvent ne sont pas d’origine. Ah non, j’oublie cette frise, qui témoigne de ce à quoi ressemblaient les murs au début du XVIIIeme siècle.

 

 

On retrouve des ceintures provenant du XVIIIème et des icones religieuses peintes sur bois.

 

 

Ici, un livre datant de 1718, racontant l’histoire de la révolution moderne de la Valachie. Constantin Brancoveanu et ses fils sont sur la page de garde.

 

 

Dans une autre pièce se tient la salle du trône. En réalité, la guide me dit que tous ces sièges proviennent d’une église.

 

 

Sans aller plus en profondeur pour les autres détails que je garderai donc pour moi-même, vous pouvez vous mettre à l’idée que visiter le palais est une expérience enrichissante du point de vue de l’histoire, car elle offre des éclaircies sur une part de l’histoire du pays peu représentée dans les autres musées.

 

Le Palais de Mogosoaia, un immanquable de Bucarest

 

Si ce n’est pas pour son côté historique et culturelle, je vous recommande au moins d’aller au palais de Mogosoaia pour son parc vaste et de grande beauté. Des étendues d’herbe verte bien entretenues ont pris place à travers les arbres centenaires et c’est l’occasion de faire un somme, bercé par les chants des oiseaux. Pour les plus actifs, ces grands espaces sont le lieu idéal pour une partie de babington, une promenade… libre imagination à vous !

 

 

Allez-y !

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