Casa cu Zorele

Casa cu Zorele, une ferme saxonne traditionnelle convertie en chambres d’hôtes

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Casa cu Zorele est une merveilleuse ferme saxonne traditionnellement conservée. Transformée en maison d’hôte, on peut la trouver dans un petit village de Transylvanie du département de Brasov, Crit.

 

Ici les braves luttent pour conserver les bases d’une vie sans superflus, pour conserver la saveur des produits de mère-nature, conserver en somme ce que les anciens savent et que les nouveaux ne doivent pas oublier.

 

Notre arrivée à Casa cu Zorele

Je vous raconterai cela comme une histoire, car sortie tout droit d’un roman de Youozas Baltouchis, c’est bien un Youza que j’ai rencontré à Crit.

 

Le village est resté presque intact, sinon les quelques voitures qui cahotent et bringuebalent leur carcasse métallique et dépassée ici.

Sans route bétonnée, les voies prennent des allures de vallées où les enfants gambadent et s’amusent sans barrières, sans dangers, en toute simplicité.

 

« Mais ils ne vont pas à l’école ?! » me dit ma mère.  » C’est ici leur école ! Ici existe une vraie communauté où tous se connaissent, échangent. Ici on s’amuse du simple, ici on n’a pas peur de se salir les pattes, de montrer au voisin comment on s’amuse, de sortir de la ville à explorer la nature, ici, on n’a pas peut du simple…

Arrivé dans le village, nous avons cherché la pension. Ici les panneaux publicitaires sont inexistants, mais quand on demande à un jeune où se trouve Casa cu Zorele, c’est moyennant 1 lei (après de « lourdes négociations entre hommes ») qu’il nous renseigne, elle est à 10 mètres en face. Pas d’inquiétude pour la place de parking, c’est où l’on veut que l’on se gare, il y a la place.

 

Description de la maison d’hôte, une vraie ferme à l’ancienne

 

Sont extérieur, à connaitre pour la retrouver

La maison est large, très large, à croire qu’elle est fortifiée tant sa masure est imposante. Peinte de beige, de belles peintures bleuâtres viennent colorer les contours de fenêtres. Frappant une large porte de bois, qui doit ouvrir sur un des jardins d’Eden que je recherche tant, c’est une petite dame au visage souriant qui vient nous ouvrir. Cela commence au roumain, passe à l’anglais et se finit dans un bon français, qui ravira beaucoup ma mère.
Je ne m’étais pas trompé, c’est bien là qu’il fallait que je vienne, et la cour est comme sur la photo, parfaite.

 

La cour intérieure, milliers de détails, le logement idéal

Le sol est pavée à l’ancienne, des pierres lisses en désordre où les brins d’herbes ont leur place pour cueillir les rayons du soleil. La verdure est omniprésente ; fleurs, arbustes, lilas et pissenlits, tous rajoutant leur note de couleur sur un tableau digne du Monet. Ce jardin est ceinturé de maisonnettes mignonnettes.

 

Au fond, un grand homme qui travaillait accourt vers nous, le visage tout autant souriant, pour nous saluer d’un français « tout en mouvement », comme aime le qualifier sa femme, un petit sourire malicieux aux lèvres.

 

Les chambres de Casa cu Zorele, traditionnelles et confortables

Sans trop tarder, on nous mène à notre chambre, car le mauvais temps arrive, chargé des eaux que tous les végétaux attendent avec tant d’impatience. On passe une petite terrasse couvert où une glycine semble avoir trouvé heureux perchoir et où il doit être bon de s’y asseoir en tout temps. On nous ouvre la chambre et l’on entre, mais ce n’est pas une chambre qui s’offre à nous, c’est une de ces vieilles photos en noir et blanc qui prend peu à peu couleur et lumière, c’est parfait !

 

Très vaste, les multitudes d’objets se battent à nous attraper le regard. À ma droite, j’ai un poêle à bois traditionnel et plutôt rare contrairement à ce que l’on peut penser (ici il y en a dans toutes les pièces). Au fond, j’ai un lit double et massif, une petite étagère et un canapé lit, tous peints. Des bibelots sont étagés, posés, suspendus et disposés un peu partout, chacun racontant quelque chose, chacun détenant un souvenir, une énergie du passé, une fonction. À ma gauche enfin, une salle de bain qui sera notre petite « confort » car celle-ci est totalement moderne et de qualité.

 

Quoi de plus, un joli parquet couvert par endroit de tapis traditionnels, des doubles fenêtres d’origines, fragiles mais bien huilées, bref du très beau, où l’on sent que la main travailleuse des propriétaires a voulu conserver avec amour le maximum du patrimoine de la maison.

 

Mr Ghita, votre guide dans les ruelles de Crit

Après s’être bien établis, on se décide à sortir car un éclaircie s’est montrée et avec elle la possibilité d’aller voir l’église fortifiée. Mais alors que nous sortions, le brave homme nous accoste amicalement et nous propose de nous emmener à son autre création, à l’autre bout du village, occasion que nous ne pouvions refuser, « Avec plaisir ! ».
C’est donc en bonne compagnie que nous traverserons le village et Monsieur est très convivial et brise très rapidement les barrières sociales que tous bons français, tel que nous, peuvent avoir.
Il nous raconte l’histoire de ses trésors, datant pour une part du 18 ème siècle, de ces petites choses qui paraissent si simple oralement, mais qui ont pris tant de labeur et de plaisir lors de leur restauration ; les poutres, les lits, les fenêtres, tout y passe.
Mr Ghita est un passionné du passé. Il veut le garder, il veut le partager, il veut montrer à tous, sinon à lui-même, que rien n’est perdu et que rien ne doit se perdre. Ses idéaux bruts cachent une réflexion plus subtile et philosophique, mais les mots simples restent les plus forts pour exprimer ce qu’il a en son cœur.

 

La seconde ferme traditionnelle de Casa cu Zorele

Après 10 min, nous arrivons à la seconde bâtisse de Casa cu Zorele, dans l’avenue centrale de la ville. D’un bleu-ciel très prenant, on y entre cette fois par une petite porte et c’est encore un fois sur un vrai trésor que l’on débouche.

 

Une belle cour où s’ouvre les 4 chambres, pavée et agrémentée d’arbres et d’un jardin en fond. Les chambres sont toutes aussi belles les unes que les autres, le monsieur a de quoi être fier. Nous apprendrons donc comment il a réfléchi, comment il a procédé, quelles ont été les difficultés rencontrées, c’est une vraie histoire à découvrir et qui en intéressera plus d’un.

 

 

Découverte de Crit et ses alentours

Ensuite, nous partons pour un peu d’aventure, juste moi et maman, sur un petit chemin qui nous a recommandé Monsieur Ghita.
Longeant la forêt et la plaine, c’est à un beau cimetière allemand que nous arrivons. Ils en ont de la chance de reposer en paix ici.

 

 

Avec vue sur leur ville et la vallée, c’est éternellement qu’ils pourront en contempler la beauté. Certaines tombes datent du 19 ème siècle. Petite question, pourquoi un grand nombre d’entre-elles sont couronnées d’un arbre, très semblable à un saule pleureur ?

 

De là-haut, la vue est prenante et l’on découvre que le village dessine un disque qui embrasse une colline, la logique étant, si je ne me trompe pas, que chaque ferme puisse avoir son lopin de terre, en fond de cour. Chaque habitation se dessine par des logements latéraux bordant la cour et complétés d’une grange au fond. Superbe de voir encore de ces belles bâtisses conservées.
Pour descendre, nous avons emprunté un chemin se trouvant face au cimetière et qui nous a fait traverser un quartier plus pauvre, où cochons et poules y sont agglutinés à l’ancienne dans des parcs en bois.
C’est enfin à l’église fortifiée que nous débouchons. Celle-ci est rénovée et a beaucoup de classe, malheureusement nous ne pourrons pas y rentrer. On a retrouvé à l’intérieur des pierres datant de 1270, mais l’église actuelle a été construite au début du 19 ème siècle. Elle aurait subi quelques dégâts au 20 ème, mais tout ce passé rocambolesque a disparu après la restauration.

 

Réjouis d’une belle expérience, c’est heureux que nous sommes rentrés à la maison, il était l’heure du dîner..

 

La zone conviviale de Casa cu Zorele, la salle à manger

Le salon de Casa cu Zorele est vraiment magnifique. La décoration très coquette parsème les murs de souvenirs en tout genre, les meubles sont en bois sombre, on retrouve le poële à bois et surtout, un canapé traditionnel qui ne manque pas de me surprendre, tant il est étrange. Les poutres quadrillent le plafond et à la vue de cette décoration très traditionnelle, on ne peut que se lécher les babines pour la nourriture qui va faire son entrée.

 

C’est après que nous nous soyons bien installés que Monsieur Ghita, avec un sourire malicieux au coin des lèvres, vient nous servir un petit verre de « Tuica », qui n’est autre que l’alcool traditionnel de Roumanie. À base de prune, la boisson est à prendre avec modération. Elle vous chatouille la gorge et réchauffe l’âme.

 

Le diner de nos hôtes, un vrai repas traditionnel roumain

L’entrée est servie avec un bon vin maison, du « feteasca neagra ». Il s’agit d’un nid d’aubergine fourni en viande et agrémenté d’une sauce au miel et à la tomate. Délicieux ! Mais c’est sans compter sur la suite.
Le plat principal est…wahou !… incroyable, et Madame Ghita le sait bien. Il s’agit d’un paprika de poulet, où la viande marine tendrement dans une sauce cannelle aux cèpes. Ma mère en tombera littéralement amoureuse, et moi de même.
Enfin le dessert, des crêpes au fromage frais agrémentées de confiture maison. Succulent..
C’est un repas de roi que nous offrent nos hôtes, tout est réellement parfait. Ils viendront discuter avec nous à chacun de leurs passages, ce sont des personnages vraiment formidables et une cuisine faite, on le sent, avec grand amour…
La nuit a été vraiment plaisante. Chauffée au poêle, ni moi ni ma mère n’avons eu à nous plaindre du froid et au petit matin, le poêle était encore tiède.
Nous sommes allés au salon prendre notre petit-déjeuner, tout était déjà prêt.

 

Le petit-déjeuner, un moment agréable et savoureux

Dans un set de table mignonnet, en céramique peint, nous attendaient confitures maisons de fraise des bois, mûres et groseilles, beurres, yaourt maison, légumes du jardin et fromages du berger. Vous l’aurez compris, du qualitatif, du beau, du bon. Même le miel était extrêmement bon, et ce n’était pas n’importe lequel, sinon celui que le prince Charles d’Angleterre se fait livrer chez lui, peut-être le meilleur du monde !

 

Sont ensuite venus se rajouter des céréales, du thé, du café et une très bonne omelette.

 

 

Je peux vous dire que ce repas a été pleinement savouré et que c’est un souvenir inoubliable que nous garderons à jamais, et une promesse de retour, un jour, j’y compte bien.
Ayant un petit message pour vous lecteur, je voulais vraiment marquer le fait que Casa cu Zorele est magique. Bien sûr, certains diront que c’est vieux et pas à leur goût, bien sûr certains diront qu’il y a peu aux alentours et ceux-ci auraient torts. C’est justement ici que vous découvrirez le mieux la beauté de ce pays, car en dehors des beaux monuments que nous offre l’histoire, c’est le peuple qui offre les meilleurs souvenirs du passé et c’est par la parole des passionnés du vrai que se transmet la vérité.

 

Informations utiles sur Casa cu Zorele

Adresse : nr 189, Crit, 507035, Judet de Brasov
tel : +40744687557
@ : mihaela.ghita@zorele.ro
www.casa-cu-zorele.ro
Prix : 440 lei (110€)/2personnes, petit-déjeuner et dîner inclus.

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One Response

  1. Dutrieu Sylvie

    J’adore la Roumanie ,et j’y retourne aussi souvent que je peux . Je vous remercie pour cette adresse ,j’essairai de m’y rendre .

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